un été à tuerPete Boland est occupé à ne rien faire ; ce sont les vacances d’été et son seul loisir est de rendre visite à son ami Raymond, un adolescent pas tout fait comme les autres qui passe le plus clair de son temps à parler avec Lapin Noir, son animal domestique.

Mais un coup de téléphone va briser cette monotonie estivale et remettre en cause toutes les certitudes et les croyances de Pete. Nicole, son amour d’enfance lui propose de reformer leur bande d’amis le temps d’une soirée. Rendez-vous est pris pour se retrouver 2 jours plus tard dans leur vieille cabane et rejoindre ensuite la fête foraine de la ville. Mais rien ne va se passer comme prévu et les retrouvailles vont se transformer en cauchemar peuplé d’hallucinations, de mensonges, de menaces et de disparitions étranges.

Un été à tuer est un roman réellement déstabilisant. L’auteur plonge le lecteur dans un univers adolescent aux antipodes des séries américaines ou de certains récits alambiqués que l’on peut trouver sur les rayonnages des libraires. Ici, les ados sont mal dans leur peau, se cherchent, ne s’assument pas toujours et tombent pour certains dans une violence et une cruauté qui les dépassent.

Le personnage de Pete Boland est attachant car tout en étant une figure centrale des évènements relatés dans le livre, il n’en maîtrise pas les tenants et les aboutissants et est obligé de chercher en lui-même les réponses aux questions qu’ils se posent. Quant à son ami, Raymond, il semble en constant décalage par rapport aux autres même si l’on comprend rapidement qu’il ne s’agit là ni de naïveté, ni d’indifférence mais juste d’une manière de se protèger du monde qui l’entoure.

Ainsi, le roman de Kevin Brooks est un excellent roman qui certes peut parfois sembler violent et cru dans les sujets qu’il aborde – entre autres la sexualité et la drogue – mais qui, je pense, pourra toucher le public adolescent (et adulte), justement de par son réalisme, la pertinence des thèmes sous-jacent au récit notamment la fin de l’enfance et la recherche de soi mais également par la justesse de son style.

Pour terminer, je vous recommande chaudement la collection Macadam de chez Milan où sont édités de nombreux romans dans la veine de celui-ci et qui bénéficie, à mon avis, d’un choix éditorial de qualité.

Signé Leiloune

[Un été à tuer,  Kevin Brooks

Ed. Milan - Coll. Macadam - 12€ - A partir de 14 ans]