Le bouc émissaire de Daphné Du Maurier
Voilà un roman de Daphné du Maurier fort bien réussi autour d’un thème cher à la littérature, l’usurpation d’identité.
Un historien anglais, John, spécialiste de la France croise son sosie, Jean, dans un café du Mans. La ressemblance est frappante et tout le monde les prend pour des jumeaux. Les 2 hommes font connaissance, boivent quelques verres, se racontent leur vie et …. le lendemain matin, l’anglais se retrouve dans la chambre du français, seul, sans ses bagages et visiblement sans que personne ne remarque la supercherie. Après une rebellion bien évidente contre une situation qu’il n’a pas désirée, John joue le jeu et prend la place de Jean dans une famille en pleine explosion et au bord de la ruine.
Il ne faut pas en dire plus – et c’est déjà presque déjà trop – pour savourer pleinement le récit de Daphné Du Maurier. Cette dernière mène une intrigue pleine de suspense où l’action laisse bien souvent la place à une psychologie et à une description des personnages qui plongent le lecteur dans un univers pesant et incertain. Car la force du récit est de nous placer littéralement aux côté du personnage principal et de nous laisser découvrir cette nouvelle famille qu’est la sienne en même temps que lui. Le brouillard se dissipe peu à peu pour John comme pour nous, ce qui crée un vrai lien d’empathie avec lui.
Seul bémol, j’aurais aimé une fin un peu différente sans doute dictée par l’affection que j’ai pu éprouvée tout au long du récit pour John et l’antipathie envers Jean.
A lire pour découvrir cette excellente auteure ou pour prolonger le plaisir de Rebecca ou de L’auberge de la Jamaïque …
Signé Leiloune
Le bouc émissaire, Daphné du Maurier, 1957
Ed.Phébus – Coll. Libretto – 10€







