L’étrange disparition d’Esme Lennox de Maggie O’Farrell

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Iris mène une vie à peu près – paisible à Edimbourg. Un jour, elle reçoit un mystérieux courrier puis plusieurs coups de téléphones étranges. Ils viennent tous du même endroit : un asile psychiatrique. Se rendant sur place pour tenter d’éclaircir les choses, Iris va se retrouver face à une vérité monstrueuse. Sa grand-mère paternelle n’a jamais été fille unique comme elle le prétendait mais possédait une sœur, Esme lennox, « oubliée » dans cette asile depuis plus de 60 ans . Mais l’hôpital va fermer ses portes et les maisons de retraite n’ont pas de places libre pour accueillir Esme. Iris va donc devoir, presque malgré elle, héberger la vieille dame quelques jours et en profiter pour essayer de comprendre quelle a pu être sa vie et ses fautes et briser quelques lourds et honteux secrets de famille.

Maggie O’Farrell nous livre là un roman qui ne se lâche qu’une fois terminé et qui ne fait pas mentir une des plus capitales constatations littéraires du 21ème siècle faites par une certaine Leiloune … A savoir, quand dans le titre du roman, il y a le nom du ou des héros, c’est quasiment toujours un très bon livre ! je vous vois sourire derrière votre écran … mais allez y faites le test et dites m’en des nouvelles … cela fonctionne surtout avec les romans dont le titre est assez long (Le Monde selon Garp, le destin miraculeux d’Edgar Mint, La famille Lament …).

Revenons à nos moutons et plus particulièrement à Esme Lennox (un peu de sérieux que diable). L’auteur, par des effets de narration très réussis, notamment la multiplicité des narrateurs et donc des points de vue, nous plonge au cœur d’une famille étouffée par ses secrets et dans une époque où la bienséance régnait en reine.

Par l’intermédiaire d’Esme et Iris, le lecteur découvre des destins attachants et touchants mais également l’évolution des femmes et de la société.

D’emblée, on est ému par cette grande tante soigneusement cachée, par son originalité, les souffrances qu’elle a endurées toute sa vie et sa naïveté. On a vraiment envie d’en savoir plus sur elle, sa vie, sa famille, ses sentiments et de la suivre pas à pas dans ce retour à la vie. Le personnage d’Iris, lui, m’ a semblé plus ambigüe, elle agace à certains moments, émeut à d’autres, est à la fois attirée et effrayée par Esme. Quand à la chute finale, je n’en dirais rien à part qu’elle est bouleversante et qu’à elle seule, elle mérite que l’on lise ce roman.

Pour finir, je vous avouerais une de mes marottes en littérature : il s’agit des premières phrases de roman. Je trouve que parfois tout le talent d’un auteur est concentré dans cette première phrase, qui à elle seule contient tout un monde. Celle de L’étrange disparition d’Esme Lennox est la suivante . « Commençons par deux jeunes filles à un bal. Elles se tiennent en retrait de la piste. » Je trouve ces deux phrases magiques … merci Maggie O’Farell.

Signé Leiloune

L’étrange disparition d’Esme Lennox de Maggie O’Farell

Ed 10/18 coll. Domaine étranger – 7,90€

1ère trad. française 2006

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