(15/11/2006)
Frank McCourt est un immigré irlandais enseignant dans un lycée new yorkais, jusque là rien de très original et palpitant mais lorsque ce prof prend sa plume et nous livre son parcours de l’enfance en Irlande aux premières années d’exil en Amérique, tout devient beaucoup plus passionnant.
Frank McCourt a donc écrit trois romans autobiographiques : « Les Cendres d’Angela », « C’est comment l’Amérique » et « Teacher man ». Je vous parlerais plus précisement des 2 premiers puisque je dois avouer avoir commencer Teacher man sans toutefois le terminer du fait à la fois d’une certaine redondance avec le tome 2 et d’un style un peu moins pertinent à mon sens (mais ceci n’est que mon avis et je sais que de vrais critiques littéraires en ont fait les louanges).
Dans les Cendres d’Angela, l’auteur nous raconte son enfance et sa jeunesse à Limerick, petite ville irlandaise. La misère sociale, le poids de la religion, le manque d’hygiène (ex : pas de toilettes, un cabinet sert de vidoir de pot pour toute une rue), les instituteurs violents, la faim, le froid, tout est là. Le lecteur a souvent l’impression d’être dans un roman de Dickens. Mais situons un peu mieux la situation du petit Franckie.
Aprés le décés de sa fille Margaret agée seulement de quelques jours, Angela décide de quitter Brooklyn et de rentrer dans son pays l’Irlande avec son mari et ses 4 autres enfants, les jumeaux encore en bas âge, malachy et Francis âgé alors de 5 ans. En Irlande, les attendent le chômage, la misère, la maladie puisque là bas la tuberculose est monnaie courante, deux nouvelles naissances mais aussi le décés des jumeaux. Le père ne trouve pas de travail et les rares fois où ils en trouve, il boit son salaire au pub et perd son nouvel emploi au bout de quelques jours. La mère est obligé de faire la quête auprés de l’église Saint Vincent de Paul et peut à peine vétir, chausser et encore moins nourrir ses enfants.
La situation est donc plus que dramatique et au premier abord la lecture de ce livre pourrait sembler plus qu’anxiogène mais c’est sans compter le talent de Frank Mccourt. Il arrive à insuffler une légéreté, un humour que l’on ressent tout au long du livre. Il y a surtout un style plus que maitrisé, jamais pesant et souvent incisif. C’est un enfant puis un adolescent qui nous conte son histoire aves les angoisses immuables de l’enfance, l’envie d’apprendre mais pas l’envie d’aller à l’école, le premier amour, les westerns le mercredi au cinéma du quartier (quitte à passer sans payer car le ciné est un luxe certes mais un luxe indispensable pour un petit garcon réveur dans les années 50).
La poésie est partout présente et l’on ressort de la lecture des Cendres d’Angela indigné(notamment par l’attitude de l’église) mais surtout ému et transformé et c’est là toute la beauté de la littérature, réussir à toucher ce qu’il y a de plus profond en chacun de nous et faire qu’un titre de livre puisse provoquer chez nous un souvenir plein d’émotions.
Mais je m’attarde comme d’habitude prise par les mots et je ne vous ais toujours pas parlé de C’est comment
l’Amérique ?. Dans ce deuxième opus, McCourt nous raconte son arrivée à New york et sa premier année d’enseignant. Le livre est toujours trés bien écrit, l’auteur décrit les choses telles qu’il les a vécues et ressenties sans jamais être complaisant mais je dois dire que ce livre est moins attachant que les Cendres d’Angela. Néanmoins, on a plaisir à découvrir la manière dont l’auteur va réussir à donner un sens à sa vie et à se sortir de la misère. Les petits boulots, l’engagement dans l’armée, les foyers de travailleurs, la tentation de tomber dans l’alcoolisme comme son père et puis enfin les cours du soir et une classe de futurs plombiers ou coiffeuses à qui il faut faire aimer la littérature (sans toutefois sortir des oeuvres au programme, puritanisme oblige). Le lecteur grandit avec l’auteur et est rassuré quand aux chances du petit franckie devenu grand de trouver un certain équilibre .
A Lire donc et sans hésitation !
Signé Leiloune
Tags: Enfance, Grande Bretagne, Histoire vraie